Vendredi 1 juillet 2011
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La CGT Mines-Energie a invité les élus de la
région et des partis à débattre sur Fessenheim au sein de l’usine. Puis a eu lieu une rencontre avec le personnel. Cette rencontre arrive après plusieurs mois où le "débat" a lieu de manière unilatérale et où les prises de positions se sont multipliées, jouant sur
l’émotion liée à Fukushima pour ne développer qu’une seule thèse : celle
de la fermeture de la centrale.
Très peu d’élus ont répondu présent : la maire de Fessenheim, le maire de Blodelsheim et un conseiller communal communiste notre camarade Pierre Peter. Les
autres élus de droite comme de gauche n’ont pas répondu à l’appel : certains trouvant sûrement plus électoral de se montrer en compagnie des manifestants anti-nucléaires. La maire de
Fessenheim a apporté son soutien aux salariés de l’usine et va lancer une association de défense du site. Cela a été l’occasion pour moi qui ne suis pas expert dans ce domaine d’apporter la
réflexion que nous avons développé au sein de notre fédération sur ce sujet (la sécurité une priorité absolue qui doit d’abord conduire à monter du doigt la gestion capitaliste du nucléaire
civil, la nécessité d’avoir un large débat public en rendant accessibles toutes les données du problèmes aux citoyens, il faut la maitrise publique sociale et démocratique du secteur de
l’énergie et il faut un effort massif en faveur de la recherche…)
Cela a surtout été l’occasion de partager des analyses et d’entendre ce que les salariés ont à dire.
Tout d’abord ils supportent très mal la situation : il ont l’impression d’être des futurs sacrifiés d’une politique qui cherche à contrer la peur en offrant aux
pâtures un outil de travail qu 'ils jugent encore performant. Ce qui les
intéresse c’est la maitrise de leur outil. Ils sont découragés d’autant plus qu’ils sont inquiets de la position du PS qui est tenté de sacrifier quelques usines pour gagner les
faveurs des écologistes. Il a été difficile en Alsace et avec la presse d’avoir un débat respectueux de la démocratie. Ils invitent les élus à regarder les retombées sur l’emploi en cas de
fermeture de Fessenheim
Voici quelques arguments entendus, versés au débat :
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A l’argument de la centrale la plus vieille de France, les salariés répondent que c’est la plus expérimentée de
France. Pour parler vieillesse il faut prendre en compte certains critères
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Il y a 4 critères pour définir la durée de vie d’une centrale :
1. La durée
comptable : la durée de l’amortissement
2. La durée
économique : celle de la rentabilité de la production
3. La durée
technique : celle de la sûreté acceptable
4. La durée
socio politique liée au débat citoyen
Il est inconcevable de demander la fermeture de Fessenheim sur les seuls critères économiques ou stratégiques pour aboutir in fine à des hausses de prix et donc à
plus de profit.
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Dans la sûreté nucléaire le facteur humain est prépondérant ; il est indispensable d’avoir un
haut niveau de compétence. Il faut donc investir dans un haut niveau de formation et dans la pérennité des emplois.
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Les écologistes s’opposent et mettent en doute l’intégrité de l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire), les positions de
la CGT mais jamais ils ne s’attaquent au libéralisme. Il s ne
s’attaquent pas à loi NOME qui va augmenter le prix de l’électricité au nom
de la libre concurrence.
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La perte d’emploi serait compensée : faux ; les emplois créés dans l’énergie alternative ou pour le démantèlement ne se substitue pas et de loin aux
emplois existants
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Problème de la sous traitance et de l’exploitation des salariés sous–traitants dans un dumping social insupportable. Il faut Ré internaliser les emplois y compris
en embauchant les sous traitants.
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Il faut une réflexion et une anticipation sur ce qui se passera le jour (proche ou lointain) où il faudra démanteler la centrale.
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Les syndicats allemands n’ont pas résisté longtemps face à Merkel alors qu’ils sont puissants : oui mais le syndicat « Verdi » par exemple ne remet
jamais en cause, en tant que syndicat un choix gouvernemental. Cela change leur manière d’envisager la lutte.
Au final cette journée a certainement permis, par le soutien de représentants d’autres sites (Flamanville, Tricastin, Cattenom) à remonter le moral de salariés, inquiets pour leur
avenir, qui subissent les manifestations hostiles et culpabilisantes depuis plusieurs mois. Elle a permis de faire apparaitre clairement que le problème de la fermeture n’est pas technique
mais politique ; ce qui signifie que c’est sur ce terrain qu’un parti comme le nôtre doit se situer.
La délégation du PCF
Auguste Bechler, Pierre Peter et Christian Grosse
Article DNA Fessenheim / Journée CGT à la centrale nucléaire
Du soutien pour le personnel
Des représentants CGT venus d’une dizaine de centrales françaises ont participé mardi à Kaysersberg et
mercredi à Fessenheim aux « Journées du nucléaire » pour évoquer l’avenir de la centrale alsacienne et plus largement de la filière nucléaire, et aussi pour soutenir le personnel du site qui ne
cache pas son inquiétude face à toutes les spéculations sur l’avenir de la centrale.
« Ce n’est pas naïvement que nous sommes ici à Fessenheim aujourd’hui. Nous sommes là pour apporter le
soutien de nos organisations des autres sites en France à nos collègues de Fessenheim, alors que l’on sait que des tractations politiques sont en cours et qu’il y a une grande inquiétude chez les
gens » a expliqué Alain Pecora, le responsable du collectif nucléaire. Rejoints par Virginie Gensel, la secrétaire général de la FNME-CGT et Marie-Claude Cailletaud la responsable fédérale
politique industrielle et énergétique, les délégués venus des sites de Belleville, Catenom, Blayais, Tricastin, Flamanville, St-Alban, Bugey ou Chinon ont d’abord rencontré les rares élus invités
qui s’étaient déplacés à savoir Fabienne Stich le maire de fessenheim et son adjoint Claude Brender et François Beringer le maire de Blodelsheim, avant un échange avec le personnel de la
centrale.
Inquiétude pour l’avenir
Philippe Huck le secrétaire du CHST de la centrale de Fessenheim soulignait « le but de cette journée
est de rassurer les agents de Fessenheim sur l’avenir du site. Aujourd’hui tout le monde se demande ce que l’on va devenir alors que techniquement on ne voit pas pourquoi il faudrait fermer cette
centrale. Nous avons confiance en notre outil de travail ». Jean-Luc Cardoso, membre du comité d’entreprise allait dans le même sens « il y a une inquiétude quant à une décision politique comme
ce fut le cas dans les années 90 pour l’arrêt de Creys Malville ». Cette rencontre a été l’occasion pour le personnel de se faire entendre « alors que ce sont surtout les anti-nucléaires qui
occupent les médias ». Et Alain Pecora de fustiger sous l’oeil de Denis Kupper, le secrétaire général CGT de Fessenheim certains amalgames « il ne faut pas confondre ancienneté et vétusté, cette
centrale de Fessenheim est aussi sûre que celles de la dernière génération ». Pour Virginie Gensel « ce n’est pas parce qu’il y a eu un accident à Fukushima qu’il faut aujourd’hui fermer
Fessenheim sur une simple décision politique. La CGT s’opposera à la fermeture de cette centrale ». Les représentants CGT ont aussi profité de ces deux journées pour réaffirmer leur hostilité à
la loi Nome qui réforme le marché de l’électricité et pour demander la réinternalisation des activités confiées aujourd’hui à la sous-traitance. « il faut limiter ce recours à la sous traitance
et pour plus de sûreté, il faut que le personnel soit serein » a rappelé Guy Klein.
Une association de soutien
Clément Schneider le secrétaire général de la CGT production-transport a quant à lui regretté que la
centrale de Fessenheim soit aujourd’hui dans « l’œil du cyclone ». Sous le regard de Christian Grosse membre du secrétariat fédéral du Parti communiste dans le Bas-Rhin et de Auguste Bechler lui
aussi du PCF, le maire de Blodelsheim, François Beringer a souligné « les élus et les salariés ont les mêmes préoccupations et quand on parle de la plus ancienne centrale française, moi je parle
de la plus expérimentée. Nous vivons assez mal toutes ces attaques, nous souhaitons la poursuite de Fessenheim, arrêter cette centrale serait un gâchis technologique et économique ». De son côté,
Fabienne Stich, le maire de Fessenheim a insisté « ce qui nous importe c’est la sûreté et nous faisons confiance à EDF ». Elle a aussi évoqué le projet de création d’une association de soutien
pour la poursuite de la centrale de Fessenheim « pour être plus forts pour faire face à toutes ces attaques ». Après l’intervention des experts de l’institut économique et développement, et alors
que dans l’après-midi une réunion de la commission locale de surveillance et d’information devait se tenir à Colmar, les participants à ces » journées du nucléaire » ont rencontré le personnel de
la centrale de Fessenheim pour un large échange autour de l’avenir du site et de la filère nucléaire en France.
Jean-Alain Haan