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14 février

CONFERENCE DE ANNE LACROIX RIZ

LE 14 FEVRIER 2012

A LA LIBRAIRIE QUAI DES BRUMES

L'appareil nazi en France (1933-1939)

Suivi de La crise des années trente et stratégie du choc

20h30 Maison des associations

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 13:51

Après plus de deux mois d’un intense et remarquable débat démocratique, les communistes viennent d’arrêter leur choix pour les échéances présidentielle et législatives de 2012.

Près de 50 000 d’entre eux, 48 631 exactement, ont participé à cette consultation, soit plus de 70 % des adhérents à jour de leurs cotisations, condition à remplir au PCF pour participer au scrutin. C’est une mobilisation exceptionnelle qui souligne la valeur des choix effectués.

59,12 % des votants qui se sont exprimés ont choisi l’option qui leur proposait, dans le cadre d’un accord global du Front de gauche portant sur les orientations et les principes d’une campagne commune, le programme partagé acté avec nos partenaires, et un accord sur les candidatures communes aux législatives, de faire de Jean-Luc Mélenchon le candidat du Front de gauche à l’ élection présidentielle.

36,82% des votants se sont prononcés en faveur d’une campagne de Front de gauche dont le candidat à l’élection présidentielle serait André Chassaigne.

4,06% des votants ont choisi la candidature d’Emmanuel Dang Tran comme candidat du PCF.

Le choix des communistes est donc clair, net et massif. Autour de ce choix démocratique, effectué dans la clarté et la transparence, les communistes peuvent désormais se rassembler. c’est un parti communiste totalement engagé dans la démarche du Front de gauche qui entre aujourd’hui en campagne, avec Jean-Luc Mélenchon comme candidat à l’élection présidentielle.

Ce choix des communistes est un geste fort adressé à notre peuple, à toutes nos concitoyennes et nos concitoyens, à toutes les femmes et les hommes de gauche de notre pays.

Par ce geste unitaire remarquable, les communistes donnent le feu vert à une entrée immédiate et rassemblée du Front de gauche en campagne, une campagne que nous voulons inédite.

Je veux ici saluer le sens profond des responsabilités qui a animé tous les communistes dans ce choix quelles qu'ait été leur option.

Toutes ces dernières semaines, alors que déferlaient les images et les petites phrases d’un désolant spectacle politique, mêlant affaires, sexisme, primaires et coups bas en tous genres, ces dizaines de milliers de militants de terrain, femmes et hommes de toutes générations qui forment le Parti communiste, eux menaient un débat de fond, pesant le pour et le contre d’une décision dont ils savaient l’importance pour le pays et pour la gauche. En citoyens libres, en militants solidaires, les communistes de France se sont exprimés dans leurs réunions, leurs assemblées générales, et lors de cette consultation en veillant sans cesse à la qualité de leurs débats, et à la fraternité qui est au cœur de leur combat. Chacun s’est prononcé en connaissance de cause. L’unité des communistes autour des choix effectués en sort renforcée. C'est un gage d'efficacité pour notre action.

Si la couverture médiatique du débat politique était indexée sur le nombre de votants, sur leur implication réelle, sur le souci de l’argument plus que de la petite phrase, nous serions au top. Constatons malheureusement que cette couverture médiatique est le plus souvent inversement proportionnelle à ces indicateurs de qualité démocratique. Dommage pour la qualité du débat citoyen. Raison de plus en ce qui nous concerne pour persévérer dans la voie d’un militantisme de qualité et de proximité.

Je veux également saluer les trois candidats qui se sont investis personnellement en soumettant leur nom au choix des communistes.

A Jean-Luc et André, dont les candidatures ont permis l’approfondissement du débat sur notre engagement dans le Front de gauche, je veux dire ces mots simples.

A Jean-Luc, qui est désormais notre candidat à l’élection présidentielle, je veux dire la valeur de notre engagement. Je sais que tu mesures la responsabilité qui est la tienne. Tu peux compter sur nous pour une grande et belle bataille unitaire, rassemblée. Nous veillerons ensemble, j'en suis sûr, à agir dans le respect de notre diversité et de nos engagements communs.

A André, je veux dire le respect de tous les communistes pour son engagement loyal , son attachement au déploiement d’un Front de gauche large, ambitieux, populaire, son ambition pour le développement du Parti communiste. Je sais, André, que nous pourrons compter sur ton engagement personnel et ton ardeur pour ces objectifs qui nous sont communs.

Comme nous l’avions indiqué dès le départ, notre choix est un choix global qui porte sur l’ensemble des orientations des campagnes présidentielle et législatives dans lesquelles nous nous engageons avec un seul et unique objectif : ouvrir une perspective de vie meilleure à notre peuple.

Nous voulons une campagne dont les objectifs soient clairs. Nous savons qui nous voulons battre et quelle politique nous voulons voir gagner.

Nous voulons une campagne combattante, pour battre la droite, renvoyer l’an prochain la bande du Fouquet’s à ses chères études, en finir avec les politiques sarkozystes d’allégeance aux marchés financiers, qui font tant de mal à la France et à tous les peuples d’Europe.

Nous voulons une campagne déterminée pour démasquer et faire reculer les mensonges du Front national. Que les forces du capital le plus réactionnaire qui sont ses meilleurs soutiens ne comptent pas sur nous pour entretenir la fable de la conversion sociale de l’extrême-droite !

Nous voulons faire gagner la gauche, pour une nouvelle majorité qui s’engage sur de réelles politiques de transformation sociale. Nous voulons vraiment la victoire. Nous en avons assez d’une gauche molle, qui face au scandale quotidien des politiques capitalistes réagit avec deux de tension et le cœur qui bat au ralenti. Nous nous adressons à ces millions de jeunes, de précaires, de salariés, femmes et hommes de toutes conditions qui n’en peuvent plus.

Nous nous adressons à ces millions de femmes et hommes de gauche, communistes, socialistes, écologistes, républicains, d’extrême-gauche, et à toutes et tous , nous disons : « Ensemble, avec le Front de gauche, soyons le cœur battant de la gauche, donnons à la gauche le punch dont elle a besoin pour mettre KO le pouvoir de Nicolas Sarkozy et sa politique ! »

Nous voulons une campagne populaire, une campagne de luttes et de rassemblement.

A toutes celles et ceux qui veulent avoir vraiment le mot à dire, qui ne veulent pas d’une campagne de supporters ou de fans, mais une campagne de citoyens qui construisent la politique ensemble comme on doit le faire en démocratie, une campagne qui redonne la parole et le pouvoir au peuple, à l’opposé du présidentialisme qui défigure la République en monarchie ; à toutes et tous, je dis aujourd’hui : « Ne soutenez pas la campagne du Front de gauche : investissez-la ! Faites-en votre affaire ! » Partout, dans le pays, nous allons mettre en place des forums publics, des comités de campagne, des assemblées citoyennes, des ateliers législatifs, prenez y toute votre place.

Oui, nous ne voulons pas faire de la politique comme on nous la dicte. Nous voulons la changer pour de bon, sans attendre. Avec le Front de gauche, investissez la place publique de la politique, faîtes de la campagne 2012 qui nous attend la place Tahrir, la Puerta del Sol de la politique française, celle où c’est le peuple qui parle et qui décide.

Nous voulons une campagne pour un programme populaire, partagé par des millions de nos concitoyens. Celui que nous avons élaboré avec nos partenaires du Front de gauche, nous le versons à partir d’aujourd’hui à la critique et à l’enrichissement citoyens. C’est notre point de départ, nous voulons l’écrire avec vous dans toute l’année qui vient. C’est à vous, à nous tous, de dire ensemble, voilà ce que la gauche, une gauche digne de ce nom, doit faire pour changer la vie.

Nous voulons une campagne de luttes, une campagne contre la vie chère et pour l’augmentation des salaires, contre le pacte de l’euro plus qui veut nous condamner à l’austérité à perpétuité, une campagne qui fera entendre ce que les citoyens ne supportent plus, ce qu’ils veulent réellement voir changer, qui dira haut et fort ce qu’ils ne veulent plus entendre, ces discours qui dans la même phrase versent des larmes de crocodile sur la situation et plaident aussitôt pour le renoncement.

Nous voulons que l’ordre du jour de la campagne soit écrit par notre peuple, pas par les dérives de notre système politique.

Nous voulons parler de l’école – pas de Luc Ferry ! des droits des femmes – pas de l’affaire DSK ! des salaires – pas des guerres de curatelle entre la milliardaire Liliane Bettencourt et sa milliardaire de fille !Nous voulons parler de l’avenir de la France, de l’avenir de l’Europe, de l’avenir du monde – pas des plans de carrière de Christine Lagarde.

Parce qu’il y a trop de souffrances dans notre peuple, parce que les pouvoirs des marchés financiers qui se passent du contrôle démocratique ne sont plus supportables, parce que les lois de ce système qui protègent une poignée de privilégiés en surexploitant le plus grand nombre conduisent le monde à des impasses dramatiques, nous voulons mettre au cœur du débat des réformes à la hauteur des enjeux de la crise actuelle, qui permettront de reprendre le pouvoir au service de l’intérêt général.

Nous voulons une campagne collective, parce que ce qui fera gagner la France, la gauche, le Front de gauche, c’est l’addition, la mise en mouvement rassemblée de toutes les énergies, de toutes les intelligences, de toutes les forces disponibles pour changer de cap.

Nous voulons des candidatures présidentielle et législatives au service de cette dynamique populaire. Oui, nous voulons faire du Front de gauche, un Front populaire pour une révolution citoyenne de la politique.

Nous voulons des campagnes présidentielle et législatives menées de pair parce qu’il ne suffira pas de dire qui est président demain si on ne dit pas en même temps quelle politique sera conduite avec quelle majorité. Nous n’oublions pas que les lois seront votées demain au Parlement et non à l'Élysée, que sans un grand nombre de députés communistes et du Front de gauche, aucune politique de gauche ne sera possible. Nous avons désormais avec Jean-Luc Mélenchon notre candidat à la présidentielle. Désignons partout nos candidates et candidats aux législatives à parité pour entrer en campagne le plus vite possible avec plus de mille candidats.

Voilà le sens profond de notre choix. Au terme d’un large débat démocratique, les communistes se sont exprimés. Je les appelle à se rassembler pour mettre partout en œuvre une campagne qui ne ressemblera à aucune autre. Dans le moteur du Front de gauche, il y a la force de la diversité et il y a une énergie communiste de nouvelle génération.

Celles et ceux qui croient à notre effacement ne sont pas au bout de leurs surprises !

A toutes et tous, je donne d’ores et déjà deux rendez-vous : le 29 juin, au métro Jaurès pour le lancement unitaire de la campagne commune du Front de gauche, et les 16, 17 et 18 septembre, pour la Fête de l’Humanité, qui s’annonce déjà comme un extraordinaire rassemblement populaire d’entrée en campagne.

 

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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 09:20

paru dans les DNA du 19 juin

La rue Georges- Wodli, qui va du boulevard Wilson au pont de la Porte de Cronenbourg, évoque la mémoire d’un cheminot devenu en Alsace, après 1945, le symbole de la résistance communiste et des cheminots.

Fils de cheminot, né à Schweighouse-sur-Moder en 1900, il suit une formation d’ajusteur aux ateliers de matériel des chemins de fer de Bischheim. Incorporé en 1918 dans la marine à Kiel, il participe en novembre 1918 aux mutineries de la flotte. Il fait son service militaire dans la marine à Toulon de 1920 à 1922, puis s‘installe à Paris comme ajusteur avant de reprendre son travail aux Ateliers de Bischheim en 1925.

Il adhère en 1920 à la SFIO, puis au parti communiste (PC) et prend des responsabilités syndicales. Il devient en 1930 secrétaire permanent de l’Union des syndicats CGTU des cheminots d’Alsace et joue un rôle essentiel dans l’unification des syndicats de cheminots d’Alsace et de Lorraine. Il a été candidat communiste malheureux aux élections législatives de 1932 et 1936, et il est élu au comité central du PC. A partir de 1933, il se consacre à l’aide à la résistance communiste allemande contre le régime nazi par l’édition de deux journaux clandestins qu’il faisait parvenir en Allemagne par la Suisse. Interné en mai 1940 à la suite de l’interdiction du parti communiste par le gouvernement Daladier, il s’évade de Fort-Barraux en Isère en septembre 1940, ce qui lui vaut d’être condamné pour désertion, rejoint Paris et disparaît dans la clandestinité.

Il s’attelle alors à la reconstitution du PC en Alsace-Lorraine, tout en faisant la navette clandestine entre Paris et l’Alsace. Il organise l’aide à l’évasion de prisonniers et diffuse des tracts interdits en utilisant la complicité d’autres cheminots. Arrêté près de Paris par la police française le 30 octobre 1942, il est livré en janvier 1943 à la Gestapo qui le transfère au camp de Schirmeck, puis au siège de la Gestapo à Strasbourg où, torturé, il meurt dans sa cellule le 2 avril 1943.

Léon Strauss, NDBA, 40, 2002, p. 4282-4283.

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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 12:54

Intervention de Georges Monsonego

 

Depuis quelques mois, de nombreux articles, appels, pétitions, émanant de personnalités de gauche les plus diverses et se référant au Conseil national de la résistance et à son programme attestent de son actualité.


    Le CNR est né du mouvement national de lutte contre le nazisme, l’Etat vichyste, pour l’indépendance de la France. C’est un rassemblement inédit, une première dans l’histoire de France, rassemblant côte à côte des hommes et des femmes d’origine sociale différente, ayant des conceptions philosophiques, une conception de la société française et de son avenir différentes. Le CNR regroupait toutes les forces vives de la nation : huit mouvements de résistance, les deux grandes centrales syndicales de l’époque, CGT et CFTC, et six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre (PCF, SFIO, Radicaux, Démocrates Chrétiens, Droite Républicaine.


    C’est cette fusion intime entre lutte armée, luttes politiques et luttes sociales qui à permis au CNR de se doter d’un programme qui n’était pas seulement la restauration de la situation d’avant-guerre, mais dont le contenu constituait une grande avancée de civilisation. Voilà un sujet de réflexion actuel pour sortir des logiques écrasantes que nous vivons.


    Un premier projet fut présenté par Pierre Villon, membre du Comité Central du PCF et président du CNR au mois de mai 1943 et ce fût le grand mérite de Jean Moulin de l’avoir enrichi et d’y avoir fait rallier les mouvements de résistance gaullistes. Ce programme se donnait pour objet la construction d’une nouvelle société , de solidarité, d’égalité, de bien-être pour tous, fondée sur la démocratie et la laïcité. Voilà bien des aspirations fortes présentes dans les luttes actuelles (retraites, services publics, etc..). Ce programme   exige l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie, le retour à la nation des grands moyens de production, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des banques. Ce programme témoigne aussi de la conscience du CNR que le nazisme, le vichysme, le racisme n’étaient pas nés de rien, mais que leurs terreaux communs résidaient dans la trahison des élites politiques et économiques (« plutôt Hitler que le Front Populaire », la collaboration du Comité des Forges ancêtre du Medef).


    Ce programme a constitué le socle du modèle social français ; il a irrigué en profondeur notre société de 1945 à la fin du 20ème siècle. Bien sûr, tout ne fût pas réalisé(le plan Langevin-Wallon pour l’éducation ne fût jamais appliqué) , bien sûr il a subi l’érosion du temps sous les coups successifs de gouvernements de différentes majorités. Même rognés, il en est resté jusqu’en 2007 des acquis sociaux importants (Sécurité Sociale, retraites, statut de la fonction publique, nationalisation de secteurs industriels) auxquels on peut associer les noms de ministre Ambroise  Croizat, Maurice Thorez, Marcel Paul .

    Après les élections présidentielles de 2007, Denis Kessler, ex vice patron du MEDEF, a parfaitement résumé le programme présidentiel : adieu à tous les acquis sociaux  issus du programme du CNR, les démanteler. Avec le recul, cela a conduit à multiplier les privatisations, à asservir les médias aux puissances de l’argent, à laminer les services publics. Ainsi en ce qui concerne l’Education, il y aura à la rentrée prochaine suppression de 9000 postes d’enseignants, fermeture de 1500 classes et coupes drastiques dans les budgets de l’éducation nationale, alors que la France a le plus faible taux d’encadrement de tous les pays d’Europe.


    La raison de cette destruction systématique de cet héritage est qu’il constituait un obstacle pour introduire en France, au détriment des salariés, le crédo de l’Union Européenne : le tout marché, la dérèglementation , la concurrence libre et non faussée, la marchandisation généralisée (y compris celle du vivant )


    L’exemple de la Sécurité Sociale, loi élaborée et présentée par Ambroise Croizat, un des quatre ministres communistes de l’époque est révélateur des avancées réalisées par rapport à la situation antérieure. En effet, auparavant, les assurances sociales étaient gérées par 1093  caisses autonomes ne couvrant qu’un tiers de la population de façon incomplète. Il est bon de rappeler que cette loi reposait sur 4 principes :

1)    L’universalité soit une couverture sans exclusive de l’ensemble de la population vivant sur le sol français.

2)    La solidarité entre générations, entre actifs/non actifs, entre malades/bien portants

3)    L’unicité soit une institution unique couvrant tous les risques sociaux : maternité, primes prénatales et allocations familiales, maladies, accidents du travail, retraite, vieillesse.

4)    La démocratie avec une gestion directe par les interessés soit 75% se sièges aux salariés et 25% au patronat


Cette loi ne passa pas sans luttes sociales et politiques intenses : refus des patrons de payer une cotisation, refus des médecins de se plier à des tarifs fixés à l’avance. Ces forces conservatrices trouvaient des alliés non seulement à l’Assemblée Nationale mais au sein du gouvernement pour essayer de limiter l’ambition de cette loi.

    De plus, on doit aux retombées concrètes du programme du CNR, d’avoir permis des avancées dans le statut de la femme dans notre société ; ce fait est très significatif non seulement parce qu’il est en soi une mini révolution mais aussi parce que,  curieusement, cette avancée est très rarement mentionné dans les apports du CNR. En effet, avant 1945, les femmes n’existaient pas au plan politique. L’idéologie de la droite, imprégnant profondément la classe ouvrière, réduisait le statut de la femme à celui de femme au foyer, de citoyenne de seconde zone, dont la fonction principale était l’éducation des enfants. Le rôle important joué par les femmes dans la résistance conduisit naturellement le CNR à réparer cette injustice faite aux femmes en leur donnant la reconnaissance, à égalité avec les hommes, d’un statut de citoyenneté par le droit de vote. Cet aspect peu connu ou oublié du programme du CNR méritait d’être rappelé  à un moment où le combat pour l’émancipation des femmes est d’une brûlante actualité et ne saurait être dissocié des combats contre la casse des acquis sociaux.


    Les idées d’indépendance nationale, de souveraineté populaire, de liberté, issues du CNR, et qui restent vivaces dans notre mémoire collective, risquent d’être complètement laminées. En effet dans le silence et le secret des instances européennes, un dangereux scénario a été écrit par Angela Merckel et Nicolas Sarkozy. Ce scénario a pour titre  « Pacte pour l’Euro+ « . De quoi s’agit-t-il ? Ce pacte se donne pour objectif de réduire les déficits des Etats de la zone Euro. Pour cela, les budgets de ces Etats seront cadrés et agrées par Bruxelles. Cela veut dire qu’il y aura abandon de souveraineté populaire avec aggravation de la crise de représentativité. Les Parlements nationaux ne seront pas libres de voter les investissements  et les budgets sociaux. Le cœur du projet pour réduire les déficits se trouve dans l’obsession affirmée et écrite d’abaisser par tous les moyens le coût du travail par une surexploitation de la population. Comme si ce n’était pas suffisant, il est prévu pour celle-ci la double peine : augmentation des impôts et des cotisations sociales pour les salariés, les chômeurs, les retraités, des restrictions de droit d’accès à la santé et aux services publics tandis que les cadeaux aux plus fortunés continueront de creuser les déficits et d’aggraver la crise économique et sociale.


    Pour revenir en France, comment Sarkozy et l’UMP préparent-t-ils les prochaines échéances électorales ? Ils sont en train de concocter en grand secret un programme dont le nom de code est "PNR 2011/2013" soit  Programme National de réformes. Ce programme est une version francisée du Pacte de l’Euro+. Il se propose de dynamiter tous les acquis sociaux de 1945, plus précisément ce qu’il en reste et d’en finir une fois pour toutes avec les idéaux de progrès social. Pour parvenir à cette destruction, Nicolas Sarkozy et son Ministre de l’Intérieur, s’efforcent, jour après jour, dans une campagne de concurrence-promotion de l’extrême droite d’y substituer la xénophobie, l’islamophobie, la haine de l’autre.


   Nous savons donc ce qui nous attend : le passage de l’austérité à l’hyperaustérité, accompagnée d’une politique migratoire et d’une chasse au faciès légitimées par des lois de plus en  plus liberticides. Le dilemme est le suivant : ou bien l’abandon de toute ambition sociale et démocratique, ou bien s’inspirer des valeurs du CNR en créant, tous ensemble, les conditions d’une rupture avec la domination écrasante des marchés financiers.


                                                                       Georges Monsonégo

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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 22:45

Echo de l'assemblée du Bas-Rhin du PCF

Publié dans CommunisteS du 1er juin

 

Dans le Bas-Rhin, cinq cellules sur six se sont réunies -parfois deux fois - pour discuter des travaux du Conseil national et des échéances de 2012. Une vingtaine de militants se sont ensuite retrouvés en assemblée départementale pour mettre en commun les discussions et élire leurs représentants à la Conférence nationale. Des délégué-e-s qui seront porteurs d’un mandat clair, notamment sur le programme, car si globalement les communistes apprécient le caractère « ouvert » et « évolutif » du projet partagé, plusieurs y voient des insuffisances et un manque d’articulation entre propositions et financement. Concernant la stratégie, les communistes du Bas-Rhin s’inscrivent dans la démarche du Front de gauche et expriment leur satisfaction devant la proposition de « subvertir » la présidentielle en la jumelant aux législatives. Sur le nom du candidat, les délégués du Bas-Rhin rendront compte du choix majoritaire des communistes qui voient dans la candidature de Jean-Luc Mélenchon un atout pour la campagne, même si, pour certains, ce choix s’est fait « par défaut ». Ils exprimeront aussi l’avis porté par des communistes qui, «refusant l’effacement du PC», font le choix d’une candidature communiste. Enfin, en référence à des problèmes sensibles dans la région, tels que la laïcité ou la politique énergétique, ils seront porteurs d’une exigence démocratique forte qui, en toute circonstance, permet aux intéressés de donner leur avis.

Par PCF 67 - Publié dans : PCF - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 22:43

Un « Forum » relatif aux enjeux de l’enseignement supérieur et de la recherche organisé par le Parti Socialiste s’ouvre à Toulouse.
Les exigences du XXIe siècle en matière d’appropriation collective et individuelle des savoirs appellent un développement sans précédent de la recherche et la formation. Les réformes sarkozystes tournent le dos à ce défi. Elles ont profondément déstructuré l’enseignement supérieur et la recherche. La LRU n’a pas favorisé « l’autonomie », elle a renforcé un pilotage étatiste et autoritaire de l’université et de la recherche. Elle a conduit les établissements d’enseignement supérieur à chercher des sources de financement hors du champ public dont les dotations se réduisent comme peau de chagrin Elle a favorisé la dépendance étroite des programmes de recherche publics par rapport aux marchés financiers Elle a fait exploser le cadre de la collégialité et de la démocratie. Sa logique et sa conception sont vont de pair avec la Réforme des collectivités territoriales qui détruit les pouvoirs d’intervention des citoyennes et des citoyens. Entièrement tournée vers la logique managériale et enfermée dans les dogmes néolibéraux du processus de Bologne et de l’AGCS, la LRU empêche tout pas en avant progressiste.
Le PS n’entend pas mettre en chantier la vaste réforme progressiste dont la société a besoin. Il ne voit pas que la démocratisation des études supérieures demande un effort considérable tant au plan des moyens qu’au plan des méthodes pédagogiques et des structures. Va-t-il s’accommoder d’une loi, la LRU, dont le caractère libéral et antidémocratique et les effets néfastes sur la production et la diffusion des savoirs sont patents ?
Le PCF qui s’est porté dès l’origine vers la mobilisation maximale contre ces deux réformes ne tire pas un trait sur les luttes spectaculaires qui ont marqué l’année 2009. L’avenir ne se construira pas à gauche en déclarant l’irréversibilité des mesures de la droite.
Le PCF invite plus que jamais les étudiants et tous les personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à s’investir dans le Front de Gauche pour élaborer en commun les réformes indispensables qui feront naître l’espoir à gauche. L’abrogation de la LRU et du pacte pour la Recherche sont plus que jamais à l’ordre du jour.

Par PCF 67 - Publié dans : Université Recherche - Communauté : Parti Communiste Français
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