OTAN : NICOLAS SARKOZY JUSTIFIE LABORIEUSEMENT SON CHOIX ATLANTISTE ET
PRO-AMERICAIN
Le Président de la République vient de procéder dans son long discours sur l’OTAN à l’Ecole militaire à une laborieuse démonstration en retournant les arguments comme des
chaussettes.
C’est l’OTAN qui conforte l’indépendance nationale, ose-t’il dire. C’est le Traité de Lisbonne qui renforcerait une Europe de la défense autonome, alors que c’est l’inverse : ce Traité fait
lui-même de l’OTAN, pour les Européens, « le fondement de leur défense et l’instance de sa mise en oeuvre ». C’est parce que la France va réintégrer complètement l’organisation
militaire de l’Alliance qu’elle pourra y peser... Comme si la France a elle seule allait pouvoir infléchir la stratégie de l’Alliance.
Il faudrait encore que les autorités de notre pays fassent le choix d’une politique différente de celle de l’Alliance atlantique et des Etats-Unis.
Or, il n’en est pas question. N. Sarkozy a été clair dès le départ dans son choix pro-américain et dans sa façon de se situer dans ce qu’il appelle sa « famille occidentale ».
De la Coordination Internationale ICC « Non à la guerre Non à l’Otan »
De La Coordination anti-Otan de Strasbourg
De la « Marche de Pâques » Bade Württemberg
Du Collectif anti-Otan Strasbourg
A l’initiative des autorités préfectorales les négociations ont repris sur les différents points en suspend.
La question essentielle de la viabilisation d’une partie du terrain proposé au sud de Strasbourg a été au cœur des discussions lors de la rencontre informelle de
vendredi soir La question de la viabilisation (champs labourés), qui conditionne notre acceptation de ce site, reste posée. Des solutions sont envisagées et devraient être formalisées la semaine
prochaine. Il n’en reste pas moins que la date du sommet approche, comme en témoigne l’agitation perceptible dans la capitale alsacienne, et que les travaux de viabilisation devront se faire au
plus tôt. Ceci permettrait aux commissions techniques de travailler concrètement sur l’architecture du village qui devra accueillir entre 7 et 8000 habitantes et habitants au plus
fort de la mobilisation du contre sommet de l’Otan entre le 1 et le 5 Avril.
Concernant la manifestation nous avons réitéré notre refus d’être relégués dans ce no man’s land que constitue le port autonome de Strasbourg. Nous demandons
instamment aux autorités d’accéder à notre droit de manifester dans des conditions qui ne doivent pas être perçues comme vexantes et discriminatoires par celles et ceux
qui viendront manifester.
Le droit de manifester à Strasbourg pour la
manifestation anti-OTAN
Déclaration de Francis Wurtz (Président du groupe GUE/NGL, MEP français) et Tobias
Pflüger (Coordinateur du groupe GUE/NGL pour la sous-commission sécurité et défense) au nom de GUE/NGL
" Le 4 avril 2009 aura lieu à Strasbourg une grande manifestation internationale à l’occasion
du 60èmeanniversaire de l’OTAN.
Cet événement, auquel nous allons contribuer très activement, est déjà en préparation.
Des collectifs unitaires très diversifiés français et allemand, avec d’autres participations européennes, notamment britanniques, travaillent ensemble pour
faire de ce 4 avril -avec des initiatives diverses en France et en Allemagne- un très grand moment de mobilisation populaire et d’exigences politiques de haut niveau pour cette refondation
européenne, cet autre rôle de l’Europe dans le monde que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir construire sur notre continent et notamment en France.
Ce 60ème anniversaire de l’OTAN pose des questions décisives sur le mouvement du monde. Ces questions là, il nous faut les prendre à bras le corps.
Ce que rappelle ce 60ème anniversaire de l’OTAN c’est d’abord l’échec majeur des logiques de guerre et des politiques de
puissance qui ont constitué hier le coeur de la stratégie et des choix idéologiques de l’administration néo-conservatrice de George Bush.
Cet anniversaire marquera la fin d’une période désastreuse pour les relations internationales et en particulier pour le Moyen-Orient. Le néo-impérialisme de Bush a montré ses limites
et les tragédies auxquelles il a conduit.
Les problèmes, les crises, cependant, sont toujours là, comme le montre une terrible actualité au Proche-Orient, en Afghanistan ainsi qu’une situation toujours problématique en Irak. Et les
attentes, par exemple en Amérique latine, sont particulièrement fortes.
Quelle que soit la politique de la nouvelle administration des Etats-Unis, avec l’arrivée de Barak Obama qui suscite beaucoup d’espoir surtout parmi le peuple américain, l’Europe est et sera devant
sa responsabilité.
On ne peut pas, en effet, se réclamer, comme beaucoup le font d’une Europe politique, et refuser de chercher pour l’Europe les moyens d’un rôle indépendant et efficace pour contribuer à résoudre
les crises et les conflits, faire appliquer le droit international, faire reculer les ingérences, faire respecter la Charte et les résolutions des Nations Unies... c’est-à-dire peser réellement en
faveur d’un nouvel ordre international de paix, de justice et de libertés.
On ne peut pas prétendre -comme Nicolas Sarkozy- faire d’un partenariat euro-méditerranéen de sécurité, de démocratie et de coopération une dimension essentielle de la politique européenne tout en
laissant à d’autres -aux Etats-Unis en particulier- le soin de traiter ce qui constitue une -sinon la- question essentielle pour le monde arabe et pour le Moyen-Orient : la question de
Palestine.
Oui, l’Europe et ses Etats membres sont devant leur responsabilité. Une lourde responsabilité.
En bombardant Gaza durant 3 semaines, au prix d’une multiplication de crimes de guerre, au prix d’un bilan humain, mais aussi économique et social, tragique et
sidérant, les dirigeants israéliens ont montré une fois encore leur mépris de la justice et celui des droits du peuple palestinien.
Il y a beaucoup à dire sur cette septième guerre d’Israël. Au point où une enquête internationale et des sanctions sont à l’ordre du jour dans le débat politique. Soulignons simplement mais avec
force que cette guerre a remis au sommet des priorités politiques internationales l’exigence d’une solution juste et durable au conflit,l’exigence de l’édification d’un Etat palestinien souverain dans les frontières d’avant juin 1967.
La responsabilité des Européens est donc clairement définie : soit ils se décident enfin à agir avec détermination pour la paix, la justice, pour une sécurité
au bénéfice de tous, soit ils ne pourront que constater la mise en place des conditions d’une prochaine guerre, une énième crise... C’est cela la leçon politique essentielle de la guerre d’Israël
contre le peuple palestinien à Gaza. Cette crise majeure a ouvert une nouvelle donne politique internationale pour le Proche-Orient. Les Européens doivent en prendre la mesure et engager les
initiatives qui s’imposent d’urgence.
Une part déterminante de la crédibilité de l’Europe se joue au Sud, en Méditerranée notamment. Il n’y a pas d’avenir pour l’Union européenne sans un investissement politique, institutionnel,
économique, culturel qui fasse d’une Europe refondée un acteur majeur et positif de la paix, et de la coopération dans toute cette région.
D’où l’importance considérable que nous devons attacher à la redéfinition d’une politique européenne pour la sécurité internationale, pour le règlement des conflits et le désarmement, dans une
conception nouvelle, en liaison étroite avec la politique de coopération au développement.
Cette même politique de coopération et d’aide au développement doit aussi sérieusement retenir notre attention.
La crise systémique du capitalisme promet, en effet, de lourdes conséquences économiques et sociales en particulier pour les pays qu’on appelle « les moins avancés » et en particulier les
pays d’Afrique. La grave dérive néo-libérale des accords de partenariat de l’Union européenne avec ces pays ont déjà ouvert un contexte d’affaiblissement, d’appauvrissement et de dépendance
aggravés.
C’est ce qui a conduit, lors du sommet Europe/Afrique de décembre 2007 à Lisbonne, les chefs d’Etat africains à une résistance nouvelle, montrant, ici aussi, les limites d’un mode de gestion et
d’exploitation tourné en priorité vers les intérêts des capitaux et des multinationales européennes.
Là aussi, la responsabilité européenne est considérable. Dresser des murs dans le cadre d’une politique de tri répressif et ultra-sélectif des migrants est une stratégie à la fois inhumaine,
indigne et vouée à l’échec. Là aussi, la crédibilité de l’Europe est en question, face au formidable enjeu du développement durable, de l’avenir de l’Afrique et de la question du
sous-développement.
Changer d’Europe, cela veut donc dire aussi que l’Europe doit changer de rôle dans le monde.
Ni membre subalterne de l’OTAN sous tutelle américaine, ni Europe puissance à prétention dominatrice.
Nous voulons une Europe qui soit un acteur mondial positif et indépendant, agissant pour un nouveau système de
sécurité sur le continent européen et dans le monde, à l’initiative pour la coopération et le développement durable, pour le désarmement nucléaire, pour l’élimination de toutes les armes de
destruction massive et contre leur prolifération.
Changer d’Europe pour contribuer à changer les relations internationales et le monde : c’est
d’une exigence de pleine actualité."
Communiqué du Parti Communiste Français du Bas-Rhin.
A Munich, même avec la méthode Coué…Nicolas Sarkozy a – forcément - bien du mal à
démontrer que l’intégration complète de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN est une «garantie» d’indépendance et de liberté.
Lors de la 45ème Conférence annuelle sur la Sécurité à Munich le Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, a souligné le soutien de Washington à
la participation pleine et entière de la France à l’ organisation militaire intégrée de l’ OTAN. Cette intégration devrait être annoncée officiellement
en avril prochain à Strasbourg, à l’occasion des cérémonies du 60ème anniversaire de l’Organisationatlantique.
Pour Nicolas Sarkozy cette intégration complète traduirait la volonté d’ être «un allié indépendant, un partenaire libre des Etats-Unis». Le
Président de la République reprend à son compte la fable selon laquelle plus le mensonge est gros, plus il a de chance de passer pour la vérité…
Comment pourrait-on être plus indépendant en appartenant complètement à une organisation politico-militaire intégrée et entièrement
dominée par les Etats-Unis? La réponse appartient à la fois à la bonne vieille méthode Coué et à quelques «conditions»… qui sont autant de subterfuges et de facteurs aggravants : la France
conforterait son indépendance en obtenant premièrement un rôle de direction plus important au sein même de l’OTAN – en particulier deux commandements importants au sein de l’ Alliance - et en
faisant avancer l’Europe de la sécurité et de la défense.
De tels arguments sont inacceptables. Assumer un rôle de direction n’ira pas sans lourdes
contre-parties. Que fera N. Sarkozy lorsque Washington exigera une solidarité plus forte ou un engagement militaire accrus en Afghanistan ou ailleurs? Quant à la politique européenne de sécurité
et de Défense, elle n’a jamais eu pour vocation l’indépendance de ses membres. Les traités sont très clairs : cette politique doit, en effet, être «compatible avec» l’OTAN. Le traité de
Lisbonne comporte même une clause de solidarité politique et militaire semblable à celle du Traité de l’Alliance. L’esprit atlantique de la construction européenne actuelle ne s’est jamais
démenti. Il s’est en revanche concrétisé. C’est même une des raisons de son rejet populaire et du manque de crédibilité d’un rôle politique autonome de l’Europe dans le monde.
Nicolas Sarkozy affirme aussi que son projet pourra améliorer la confiance entre l’Union européenne et la Russie. Mais tous les renforcements de
la pression militaire euro-atlantique (comme l’installation en Pologne et en République tchèque de systèmes anti-missiles américains très déstabilisants pour la sécurité internationale) n’ont
fait jusqu’ici qu’augmenter les craintes et les ripostes sécuritaires et militaires russes. Ce sont encore les tensions qui risquent de progresser le plus.
Enfin, Nicolas Sarkozy fait de l’accueil d’un bataillon de l’armée allemande sur le
territoire français un événement majeur. Une page est tournée, dit-il.
Mais le problème n’est pas celui de la réconciliation franco-allemande, même si le
souvenir de la dernière guerre subsiste.
La question principale est de savoir pour quelles missions, pour quels objectifs et dans
quel cadre politique et sécuritaire s’inscrit une telle opération.
A l’évidence, c’ est encore pour renforcer l’Alliance, pour préparer l’intégration
complète de la France dans son organisation militaire en s’arrimant plus encore à une Allemagne très étroitement liée à l’ OTAN.
Il est consternant que la France puisse ainsi jouer un rôle pilote dans cette politique de puissance et dans la restructuration d’une
coalition de guerre et de domination qui n’a fait qu’exacerber les crises et les conflits dans le passé le plus récent. Les années Bush démontrent à quels échecs et à quelles tragédies ce
genre de politique peut conduire.
Le Parti
Communiste Français exprime sa condamnation d’un tel choix qui affaiblira la France et sa capacité à répondre positivement aux attentesqui
s’expriment dans le monde. Le contexte international d’aujourd’hui appelle plus que jamais une refondation complète des principes, des politiques et des moyens de
la sécurité européenne et internationale dans une conception nouvelle qui privilégie le règlement politique des conflits, la prévention des crises, le désarmement, la démilitarisation des
relations internationales, la réponse aux besoins sociaux et aux exigences du développement humain durable dans toutes ses dimensions.
Ni la France ni l’Europe ne doivent être associées à une
stratégie fondée sur la hiérarchie des puissances, sur la force et sur la guerre.
Il faut à la fois changer d’Europe et dissoudre
l’OTAN.
Cela s’impose comme une réponse nécessaire aux enjeux
mondiaux de la nouvelle période.